CHRONIQUE #1 : Qu’attendons-nous d’un bon animateur ?

La chronique de Claire Palama :
Un bon animateur, qu’est-ce que c’est ?

Chaque métier connaît son lot d’adaptation et, lorsqu’il est question d’animation, les contraintes se surajoutent souvent.

Professeur, coach, facilitateur,intervenant… Tant de professions et de postures proches les unes des autres que nos Awaykeurs doivent appréhender avant de se retrouver face aux jeunes accompagnés.

Animer un groupe peut se définir de multiples manières.

Selon les définitions les plus classiques, « animer » revient à « donner vie » mais trouve aussi un synonyme dans le fait d’impulser un mouvement. Plus étonnant, selon le Robert, animer se définit comme « être responsable » notamment d’une activité collective.

Et chez Awayke ?

« Le mot le plus souvent cité en fin d’animation et lorsque le taux de satisfaction
global est élevé (supérieur à 8/10) est dynamisme.»

Nous concevons, chez Awayke, l’animation dans l’ensemble de ces définitions : à la fois la capacité à donner vie à une activité collective et à maintenir un cadre sécurisant et de co-responsabilité avec les groupes accompagnés (nous y reviendrons).

Chez Awayke, deux outils nous permettent de suivre la satisfaction des jeunes et de prendre en compte leurs recommandations pour continuer à progresser.

1️⃣ Le premier outil, officieux  – mais précieux – est le cercle de clôture permettant, à la fin de chaque atelier, de demander aux jeunes ce qui les a marqués et ce qu’ils retiennent du moment vécu. 

2️⃣ Le second outil est plus officiel et consiste en un QR code anonyme que les étudiants remplissent après chaque animation pour indiquer ce qu’ils ont aimé, moins aimé et modifieraient le cas échéant.

Cette seconde méthode nous permet aujourd’hui, avec plus de 160 000 jeunes accompagnés, de prendre appui sur une base de données solide et évolutive pour mieux comprendre ce que les jeunes attendent en termes d’

animation.

Le mot le plus souvent cité en fin d’animation et lorsque le taux de satisfaction global est élevé (supérieur à 8/10) est « dynamisme »

En fonction des thématiques et notamment pour celles ayant vocation à insister sur la rétrospection, l’introspection ou la gestion des émotions, le dynamisme est remplacé par « l’écoute » et l’environnement d’échange créé par l’Awaykeur.

De ces deux premières observations se dessinent les contours d’une troisième qualité d’animation indispensable : l’adaptation !
À ce stade, rien d’étonnant.
Mais il en faut davantage…

Être dynamique et à l’écoute ne garantit cependant pas un résultat satisfaisant. Faut-il encore évidemment maîtriser son sujet, mais également l’incarner. Le bon animateur se veut inspirant pour les jeunes, tout en étant accessible. 

➜ Si l’accessibilité est facilitée par l’écoute, être inspirant peut être un vrai challenge pour l’animateur moins expérimenté. 
Chacun de ces critères pourrait justifier à lui seul un article approfondi et nous vous recommandons de rester attentifs car les prochaines parutions traiteront ces diverses notions. 

➜ Si ces qualités semblent être individuelles, presque personnelles, nous savons, chez Awayke, qu’elles ne peuvent s’exprimer pleinement que dans un environnement serein et un cadre de transmission favorable.
Notre pédagogie repose essentiellement sur la capacité à créer cet environnement avec les apprenants. La notion de co-construction est indispensable pour l’adhésion des jeunes au programme et sous tend une posture d’horizontalité indispensable à l’échange.

Quel est NOTRE vrai rôle ?

« La notion de co-construction est indispensable pour l’adhésion des jeunes au programme
et sous tend une posture d’horizontalité indispensable à l’échange. »

Si nous évoquions en début d’article les diverses professions assimilées à l’animation et les postures attendues pour répondre aux spécificités de chacune d’elles, le métier d’Awayker a la particularité de toutes les assembler
Intervenant régulièrement en milieu scolaire, nous pouvons être perçus par les apprenants comme professeurs. Garants du cadre et du respect du règlement intérieur, la posture haute s’impose. 

Cette posture est connue des apprenants mais rarement appréciée, en tout cas, de plus en plus remise en cause. L’autorité, si longtemps considérée comme condition sine qua non à un enseignement, n’est, aujourd’hui, plus une condition à laquelle les étudiants adhèrent naturellement. 

Elle est dorénavant bien souvent remplacée par la notion de légitimité et implique une ouverture de l’intervenant à répondre aux questions des jeunes.
Chez Awayke, nous accompagnons nos intervenants à présenter un « story telling » permettant de faire alliance dès les premières minutes de l’atelier, tout en répondant aux éventuelles questions de légitimité des apprenants.
Abordant dans ce cadre scolaire des notions sensibles et humaines, les Awaykeurs doivent également savoir adopter une posture dite « basse » pour faire émerger des jeunes leurs propres réponses. 

Bien que nous travaillions sur des notions d’orientation, Awayke est avant tout pourvoyeur d’outils de connaissance de soi pour permettre à chaque jeune de devenir son propre conseiller d’orientation.

En bref : Co-construction du cadre de travail !

« La notion de souveraineté, bien souvent questionnante, vient souder le cadre et ouvre des discussions. »

À cette fin et lors de la co-construction du cadre de travail, est évoquée par chaque Awaykeur la notion de souveraineté. Bien souvent questionnante pour les jeunes rencontrés, cette notion vient souder le cadre et ouvre bien des discussions. 

Viktor Frankl, psychiatre autrichien et initiateur de la logothérapie, invitait à concevoir la notion, souvent galvaudée, de liberté par complémentarité à la notion de responsabilité. Dit plus simplement : beaucoup de liberté implique une grande responsabilité et inversement. 

Ainsi posée dans le cadre de travail, la souveraineté fonde les bases d’une implication choisie par les jeunes accompagnés et garantit également un respect par l’Awaykeur des limites personnelles de chacun. 

L’animateur Awaykeur voyage donc de pallier en pallier entre une posture haute et une posture basse et se stabilise lorsque le rapport à la classe ou au groupe est dit horizontal. 

Cette horizontalité peut sembler dérangeante pour nombre d’enseignants notamment. Il est à noter qu’elle peut tout autant servir celui qui dispense un enseignement que ceux qui le reçoivent, l’horizontalité réelle n’étant possible que lorsque l’implication est réciproque :
Si je n’ai pas le droit de le faire, vous non plus ! 

Cette approche permet une fois encore de responsabiliser les apprenants en les mettant dans une posture d’égal à égal… à un niveau professionnel et en adoptant donc la posture adéquate ! 

Ce n’est que dans cette dynamique à la fois cadrante et pleine de vie que notre pédagogie expérientielle peut se déployer. Mélange de ludopédagogie et d’exercices de pleine conscience, chaque étape du processus d’apprentissage implique les apprenants, sur un plan intellectuel mais aussi à un niveau corporel. 

C’est en vivant une expérience que de nombreux jeunes découvrent la puissance des outils qui leur sont proposés.
Guidés dans leurs premiers pas d’experts de la connaissance de soi par un Awaykeur bienveillant, ils pourront, par la suite et à chaque fois que cela sera nécessaire, reproduire les exercices proposés pour poursuivre leur orientation et insertion professionnelles ! 

Si cette pédagogie nous permet de parler à de nombreux jeunes. Il sera intéressant de se pencher dans un prochain article de leurs ressentis vis à vis de ce vécu.

Auteur : Claire Palama

 

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